Expatriation et face menacée

Sentir sa face menacée, c’est ressentir un mal-être mais sans trop savoir si ça va bien se finir ou pas.

En situation d’expatriation, comme on débarque dans une culture tout nouvelle, on peut très facilement se retrouver dans des situations où notre face est menacée. Tout simplement parce qu’on ne comprend pas la plupart des choses qui nous entourent et c’est encore pire quand on ne parle même pas la langue !

Par exemple, c’est ce sentiment de redevenir une gamine le jour ou j’ai dû me résoudre à demander à un voisin de me « décrypter » certains de mes appareils électro-ménagers. Je savais que j’avais affaire à une machine pour chauffer l’eau, une pour cuire le riz et un micro-ondes. Mais quel bouton correspondait exactement à quelle fonction, cela relevait du mystère…

Et si je ne voulais pas me retrouver en train de faire décongeler ce que je voulais réchauffer et faire griller ce que je voulais décongeler, il fallait que je comprenne exactement ce qui était écrit sur ces appareils… dont le mode d’emploi était en pur japonais…

A ce moment, je me suis sentie relativement ridicule et vulnérable. Goffman aurait dit que ma face était menacée.

Et j’aurais pu la perdre si on s’était moqué de moi. Mais non, je suis tombée sur une très gentille dame qui m’a tout expliqué et a même pris le temps de coller sur le japonais des étiquettes avec la traduction anglaise !

Mission accomplie !! Et sans perdre la face !

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2 réponses to “Expatriation et face menacée”

  1. severine dit :

    kikoo !

    il est vrai que l’expatriation doit se vivre avec beaucoup d’humilité. Car il faut être capable d’appeler à l’aide pour des choses qui peuvent paraitre d’une banalité à faire peur. Et je crois que d’une certaine manière, lorsqu’on trouve le courage d’aller demander de l’aide dans ce genre de circonstances, c’est aussi une manière de relever la tête et de faire front. Bref, il n’y a pas de honte à savoir reconnaitre ses difficultés. La honte, au contraire, serait de ne pas avoir ce courage et de se tromper bêtement, juste parce qu’on aurait pas eu le courage de dire « s’il vous plait, aidez moi ».

  2. sandrine dit :

    Bonjour !
    Oui, c’est exactement cela. Le fait d’oser demander, d’aller vers les autres est une façon de faire face à une situation qui peut être parfois désagréable ou gênante. Essayer de réagir, trouver une solution, s’adapter au lieu d’avoir honte c’est déjà faire un grand pas en avant !